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Attention, danger !

jeudi 7 juillet 2016, par Louis Possoz

La question a surgi suite aux remarques répétées de Repair Together   à propos de notre article sur les fours à micro-ondes et de notre manie de les réparer quand c’est possible : « En tant que fervents lecteurs de vos repair-news (géniales et super intéressantes), nous sommes tombés sur votre point sur les réparations de micro-ondes... Du coup, je me demandais si vous aviez bien reçu notre rappel sur la sécurité, envoyé il y a un p’tit mois (...) les repair cafés doivent refuser les micro-ondes. »

Interloqués, nous nous sommes bien sûr interrogés sur la dangerosité des réparations avec deux questions principales.

  1. Quels sont les appareils dangereux à réparer (ou à utiliser) ?
  2. Qui décide que tel ou tel appareil est trop dangereux pour le RC   ?

 Qu’est-ce qui est dangereux ?

Réparer un four à micro-ondes est-il plus dangereux que réparer une tronçonneuse ?
Pour moi, très honnêtement, je suis nettement plus circonspect devant les gros appareils qui coupent et taillent les arbres (tronçonneuse) ou qui découpent des panneaux (scie circulaire) car les tester dans un RC   est difficile : un faux mouvement peut faire de gros dégâts. Alors que tester un micro-ondes, du moment que son capot a été dûment remis en place, n’en comporte pas réellement, sauf à avoir oublié un chat à l’intérieur.

Où est le plus grand danger ? Réparer un micro-ondes au RC   ou y aller en voiture ? Au-delà de la réparation, c’est le danger d’utilisation qui est posé. Et dans ce cadre, plus général, c’est la conduite automobile qui me semble la pratique effectivement la plus dangereuse. Dangereuse pour soi, pour ses passagers et pour les cyclistes ou piétons qui auraient le malheur de se trouver au mauvais endroit. Ce danger-là fait tellement partie du quotidien de tellement de gens qu’il a été largement oblitéré de leur conscience. Bien peu se privent des joies de la conduite automobile, considérée comme si peu dangereuse qu’on n’hésite parfois pas à téléphoner tout en conduisant. Le conducteur distrait (ou éméché) est ma terreur de cycliste quotidien.

Il n’empêche que nous (les bénévoles du RC  ) devons être attentifs aux différents types de dangers auxquels on se trouve confrontés : risques de chocs électriques, risques chimiques ou risques de blessures par appareils tranchants ou contondants.

 Qui décide ?

Indépendamment de la question, plutôt technique, de connaître et comprendre les dangers d’une réparation se pose une question plus philosophique quant à savoir à qui appartient la décision de déterminer ce qui est dangereux pour nous.

Est-ce au fabricant que revient cette décision ? Fabricant dont on sait que son but principal est le bien du consommateur et certainement pas, comme les mauvaises langues le prétendent, d’augmenter son chiffre d’affaire et sa marge bénéficiaire.
D’ailleurs, les manuels d’utilisation sont pleins de mises en garde destinées à protéger l’utilisateur. À moins que ce ne soit surtout pour protéger les intérêts du fabricant ?

Est-ce au ministre, au gouvernement ou aux parlementaires d’en décider. Ont-ils été élus pour déterminer ce qui est bon pour les citoyens et ce qui ne l’est pas, pour veiller à notre bonheur, y compris en dépit de nous-mêmes ? Leurs avis objectifs — car bien entendu ils ne se laissent jamais influencer par les lobbys industriels — le sont-ils plus que ceux des utilisateurs ou bien ces derniers sont-ils nécessairement irresponsables.

Est-ce finalement à l’utilisateur de décider de ce qui est bon pour lui ? De connaître ses capacités tout autant que de savoir faire appel à l’aide des personnes les plus compétentes. Réparer soi-même devrait-il être un droit ? La discussion porte ici sur le rapport entre l’humain et la technique. Qui est le dominant qui est le dominé ? De l’homme ou de la technique, qui commande et qui obéit. Des auteurs devenus classiques comme Ivan Illich ou Ernst Friedrich Schumacher ont jeté un regard particulièrement pertinent sur cette question.

Bien évidemment, chaque RC   peut et doit décider de ses règles de fonctionnement et doit connaître les compétences de ses bénévoles. De leur côté, chaque bénévole doit connaître ses domaines de compétence et (surtout ?) d’incompétence. Dans notre cas, la collaboration constante entre les bénévoles produit une appréciation collective des compétences et des dangers. Vive le collectif !

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