Accueil > Ateliers > Couture > Atelier Couture

Atelier Couture

jeudi 3 septembre 2015, par Nicole Janssens

De fil en aiguille …

Mon expérience de couturière au Repair Café !

Un jour, une amie me parle de ce lieu avec tant d’enthousiasme que la curiosité me pique (sic) et m’entraîne à pousser la porte de ce lieu hors du commun et… quelles belles découvertes !

J’arrive là avec ma machine à coudre, des fils de toutes les couleurs, ma boîte à couture et hop, me voilà entraînée vers des tas de petites réparations des plus diverses et des plus astucieuses. J’y découvre des gens ayant les mêmes valeurs que les miennes c’est à dire « marre du tout à la poubelle ! »

Jeunes et moins jeunes sont là dans une même démarche : donner une seconde vie à un objet usagé, et donc me voilà devenue « grand-mère, faisant du neuf avec du vieux ! »

Oui, cela me convient, j’y côtoie des jeunes qui tout suite adoptent volontiers le principe même du Repair Café : « OK, je répare ton vêtement, mais toi, tu t’y mets aussi » et ça donne ceci … « Salut Nicole, regarde le trou qu’il y a dans mon jeans, ah oui, mais il y a plein de trous, mais non ceux-là ce sont ceux qui ont fait que ce jeans m’a plu, et je ne veux absolument pas les refermer, au contraire je veux y ajouter de la couleur pour les mettre encore plus en valeur ! » Bon et bien alors voyons les trous qui te posent problème… etc.

C’est ainsi que petit à petit je me suis faite une spécialité des réparations (presque) invisibles des entre-jambes, des poches trouées par les clés. Mais attention, le Repair Café c’est une équipe, il y a beaucoup d’entraide : l’une découd, pendant que l’autre recherche la pièce qui pourrait convenir, une autre encore épingle… et le répar-ticipant fait ce qu’il peut, cela va du fil à enfiler dans le chas de l’aiguille, apprendre à manipuler la machine à coudre, au bouton à recoudre, de l’ourlet à marquer et que sais-je encore…

En fait, l’important est qu’il y ait échange de savoir et ce qui me plaît surtout, c’est l’échange social intergénérationnel.

Il y a aussi des situations cocasses ou un student me demande de réparer l’entre-jambes de son pantalon et, sans problème, trouve un pote qui lui en prête un pendant le temps de la réparation, ou bien il attend gentiment en calbar à côté de nous qu’il puisse être à nouveau décent.

Les bénévoles et les répar-ticipants deviennent, soit des copains, soit des personnes que l’on croise et qui ne sont plus des anonymes auxquels on dit seulement bonjour.

Une autre anecdote m’a aussi vraiment confirmé dans l’idéal que j’y retrouve : un jeune homme nous apporte une superbe veste en tricot style péruvien dont la tirette est défectueuse. Nous lui signalons qu’il en faudra une nouvelle. Plein d’allant, il nous dit : « où je trouve cela ? » Il est alors 19h et la fermeture des magasins est proche. Il ne fait ni une ni deux et revient tout fier, la tirette à la main. Nous la fixons à sa belle veste et son sourire radieux nous récompense, surtout quand il nous déclare : « c’est un pull que ma maman m’a offert dans mon pays ».

Donc, voilà pourquoi le Repair Café est devenu pour moi un lieu convivial, où chacun prend soin du bien être de l’autre dans une ambiance très respectueuse.
Je peux y développer une de mes convictions : « il y a plein de gens formidables, mais qui ne font pas de bruit ! »